Emilien Azema, Luca Cipelletti ainsi qu’André Neveu ont été primés cet été pour leurs travaux de recherche. Voici un portrait de ces chercheurs qui œuvrent pour le développement de la recherche et pour la recherche elle-même.

Emilien AZEMA – nommé membre Junior de l’Institut universitaire de France (IUF)

Emilien Azéma, 40 ans, enseignant chercheur au Laboratoire de Mécanique et Génie Civil (LMGC – UMR Université de Montpellier/CNRS) et à la Faculté des Sciences de l’Université de Montpellier, travaille sur la physique et la mécanique des milieux discrets (granulaires) à composition réaliste et évolutive. Il s’intéresse plus particulièrement à la rhéologie et la micro-mécanique des matériaux divisés (granulaires) à composition réaliste. Dans un contexte de dégradation accélérée des ressources naturelles, de nouvelles structures granulaires à grains non-convexes potentiellement déformables émergent. « Le monde est fait de grains.  Plus de 80% des matières premières de l’industrie Humaine, telles que les produits pharmaceutiques, de l’agriculture, des mines, sont constituées de grains.  Les roches, le sable, la terre sont utilisés depuis des millénaires par les civilisations Humaines pour construire des structures, bâtiments, ponts, routes… » explique Emilien Azema.

Licence puis Maitrise en Mathématique, DEA en Mécanique, en passant par le doctorat en Mécanique au Laboratoire de Mécanique et Génie Civil (LMGC) à l’ED I2S,  Emilien Azema a fait une grande partie de ses études à l’Université de Montpellier où il travaille aujourd’hui.

Luca Cipelletti – nommé membre senior de l’Institut Universitaire de France (IUF)

Luca Cipelletti est un enseignant chercheur de 55 ans du Laboratoire Charles Coulomb (UMR Université de Montpellier/CNRS) et à la Faculté des Sciences de l’Université de Montpellier. Il est un physicien expérimentateur de la matière molle (soft matter : gels, suspensions colloïdales, mousses, polymères…), qu’il étudie en développant des techniques originales de diffusion de la lumière.

Il a fait des études de physique à l’Università Statale de Milan, en parallèle à des études de musique. Après avoir travaillé quelques années en tant que violoncelliste dans l’un des orchestres de Milan, il s’est dédié entièrement à la physique, en complétant son cursus universitaire par un doctorat à Milan et un séjour postdoctoral de deux ans aux Etats Unis (University of Pennsilvania et Harvard University).

Lors de son doctorat, il a développé un goût pour le développement instrumental, goût qui ne l’a plus quitté. Actuellement, il s’intéresse à l’origine microscopique du comportement mécanique des matériaux soumis à des forces ou des déformations importantes, au-delà du régime linéaire. En particulier, il vise à établir un lien entre les mouvements microscopiques des constituants d’un matériau et ses propriétés mécaniques macroscopiques non-linéaires.

André Neveu – primé par la Médaille Dirac 2020

Le ICTP (International Centre Theoretical Physics) a décerné sa Médaille Dirac 2020 et son Prix à trois physiciens distingués dont André Neveu, Directeur de recherche émérite au CNRS, « pour leurs contributions pionnières à la création et à la formulation de la théorie des cordes qui a introduit de nouvelles symétries bosoniques et fermioniques en physique ».

La théorie des cordes est un cadre théorique en physique fondamentale qui décrit la matière comme composée d’objets microscopiques unidimensionnels, appelés cordes. Ces cordes peuvent être considérées comme de minuscules filaments d’énergie, qui vibrent selon différents modèles.

Le travail réalisé par André Neveu au début des années 1970, avec John Schwarz, et indépendamment par Pierre Ramond, est maintenant connu sous le nom de formalisme RNS, d’après les initiales de ses trois initiateurs. Ce fut le développement initial de la théorie des supercordes, généralisant l’algèbre de Virasoro – qui est l’algèbre de symétrie qui décrit les chaînes de bosons – à une algèbre qui pourrait également décrire les fermions, grâce à la propriété de la supersymétrie. Cette formulation a permis de modéliser toutes les particules et les forces fondamentales de l’Univers comme des vibrations de minuscules cordes supersymétriques, d’où le nom de théorie «supercordes», représentant à la fois les fermions et les bosons.

André Neveu, né à Paris, France, est un physicien théoricien travaillant dans les domaines de la théorie des cordes et de la théorie quantique des champs. Il est considéré comme un pionnier de la théorie des cordes pour avoir développé la première théorie décrivant également les fermions, initiant ainsi l’idée de supersymétrie, développée indépendamment par plusieurs groupes à l’époque. Il a étudié à Paris à l’École Normale Supérieure et est depuis 1989 à l’Institut de Physique Théorique de l’Université de Montpellier II (aujourd’hui L2C, Laboratoire Charles Coulomb).

Source : https://www.ictp.it/about-ictp/media-centre/news/2020/8/ictp-dirac-medal-2020-announced.aspx

Un grand bravo et toutes nos félicitations à tous les trois !