Mardi 22 septembre, quarante représentants de quatre axes majeurs de l’enseignement supérieur – étudiants, pédagogies, technologies et espaces d’apprentissage – se sont réunis dans un espace virtuel pour réfléchir aux conséquences de la pandémie et poser les questions qui accompagnent le changement de l’université.

Le format fut dynamique, émaillé de rencontres probables et improbables. L’ambiance fut chaleureuse, conviviale et respectueuse, la parole libre et sincère.

Directement impactés par le confinement COVID – Brigitte Lundin (CSIP Université de Montpellier), Sophie Guichard (CNAM) et Thierry Sobanski (Université Catholique de Lille) – trois collègues fortement engagés dans les pédagogies innovantes, décident ensemble de lancer une réflexion avec un groupe d’experts de haut niveau et surtout un groupe d’étudiants, alter egos dans la discussion.

Edgar Morin, penseur de la complexité, a ouvert la voie avec un questionnement sur l’interaction humaine en ligne, l’interdisciplinarité, le lien indissociable entre les parties et le tout, et enfin sur la nécessité d’enseigner les sources d’erreur que sont la réduction, l’unilatéralisme, le dogmatisme et le simplisme.

Après discussions entre experts en petits groupes et débats en plénière, les discussions ont convergé sur un certain nombre de conséquences :

Les universités prennent conscience de l’importance de leur rôle sociétal.

Le numérique et une réflexion sur ses usages s’imposent dans l’écosystème d’apprentissage.

La transformation des pédagogies devient une ressource à partager.

Temps, rythme et espaces sont à réinventer.

L’incertitude et l’inconnu deviennent sujets d’apprentissage.

L’urgence conduit au développement de communautés interdisciplinaires.

Il devient nécessaire de repenser les formes et les modèles d’évaluation.

Au fil des discussions, un consensus s’est dessiné autour de la nécessité d’impliquer dans cette réflexion tous les acteurs de l’enseignement supérieur, et particulièrement les étudiants.

A la lumière de la complémentarité de leurs expériences, les experts ouvrent des questions cruciales à ce stade :

Qu’est-ce que l’université va apprendre de ce défi ?

Comment l’université va-t-elle parvenir à surmonter les obstacles règlementaires, financiers et culturels pour mettre en œuvre sa transformation ?

Comment co-construire dans la durée ?

Comment créer une convention ouverte sur l’université ?

Comment repenser l’université collectivement pour qu’elle occupe sa place dans une société moderne et joue un rôle tout au long de la vie ?

Et maintenant ?

Continuons à réfléchir, à nous rencontrer, à enrichir notre réflexion et tenter de proposer des réponses à ces nombreuses questions.