Des chercheurs du CNRS de Montpellier ont étudié la façon dont le coronavirus était transporté dans l’air par la parole. Deux études en collaboration avec l’université de Princeton aux Etats-Unis qui remettent en question le fameux « un mètre de distance ».

« Peter Piper picked a peck », si cette phrase en anglais ne vous parle pas c’est normal. Elle est généralement utilisée dans les foyers anglophones pour travailler la prononciation chez les jeunes enfants. Mais si aujourd’hui vous l’entendez, c’est sûrement à cause de deux chercheurs au CNRS de Montpellier qui ont travaillé sur la façon dont le Covid-19 se propage dans l’air en fonction des mots que l’on prononce.

Simon Mendez, chercheur au CNRS à l’université de Montpellier, spécialisé en mécanique des fluides et Manouk Abkarian lui aussi chercheur au CNRS, se sont surtout intéressés aux microgouttelettes à l’aide d’une machine à brouillard et de faisceaux lumineux. « On s’est demandé où allaient les gouttelettes une fois émises. » explique Simon Mendez à France 3.

Le mètre de distance pas suffisant

Leur étude montre que certains mots prononcés projettent plus de gouttelettes que d’autres. Par exemple, les syllabes qui commencent par le son « p » « envoient des jets d’air qui atteignent un mètre en une seconde« , selon Simon Mendez. C’est aussi le cas pour d’autres consonnes, appelées « plosives », comme les lettres B, K, T ou encore D, d’où la phrase « Peter Piper picked a peck ». Manouk Abkarian précise qu’il ne s’agit pas que d’un mot prononcé à un instant T, mais bien d’une accumulation de mots lors d’une conversation.

Ce constat étant fait, les deux chercheurs remettent en cause certains gestes barrières. « Un mètre, ce n’est vraiment pas suffisant » explique Simon Mendez. « Il ne suffit pas de respirer le virus une fois pour être malade. La distance n’est pas pertinente si on ne prend pas en compte le temps et la circulation de l’air dans l’espace », poursuit-il.

« Nous remettons le temps dans le problème. Le temps d’exposition lors d’une conversation a autant d’influence que la distance » ajoute Manouk Abkarian.

Ainsi, selon les chercheurs et en fonction de comment l’air circule, passer une heure à côté d’une personne pourrait être moins dangereux que de passer deux heures à deux mètres de distance. Dans un contexte ou le port du masque fait débat, l’étude des deux chercheurs fait office d’un véritable plaidoyer pour son usage.

Source : https://www.midilibre.fr/2020/10/07/transmission-du-coronavirus-une-etude-montpellieraine-remet-en-cause-le-fameux-1-m-de-distance-9123380.php#commentaires