Pour sa 4e édition, la conférence internationale sur la sécurité alimentaire mondiale, a pris la forme d’un événement virtuel et interactif du 4 au 9 décembre 2020. Elle a offert l’opportunité aux scientifiques du monde entier de faire part de leurs avancées et de formuler des recommandations à l’attention des organisateurs du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires.

La conférence abordait les différentes formes de malnutrition (faim, carences en micronutriments, obésité), du local au mondial, en valorisant une perspective interdisciplinaire et systémique. Elle visait à mieux comprendre les tenants et les aboutissants environnementaux, nutritionnels, agricoles, démographiques, socio-économiques, politiques, technologiques et institutionnels de la sécurité alimentaire. Elle s’intéressait à 12 thèmes, comprenant huit thèmes transversaux en lien avec l’actualité dont celui de l’impact de la pandémie, et les quatre dimensions de la sécurité alimentaire.

Les contributions ont mis en évidence trois inflexions majeures par rapport aux précédentes conférences. La première a trait à un déplacement des questions liées à la sécurité alimentaire vers un intérêt pour les systèmes alimentaires. Ceci reflète les interconnexions entre tous les objectifs du développement durable et l’intérêt de considérer les systèmes alimentaires et leurs transformations comme un levier essentiel pour assurer la justice sociale, la protection de l’environnement et la santé humaine. La seconde est liée à l’attention prêtée aux régimes alimentaires et à la consommation. La conférence a apporté un regard nouveau sur les liens entre ce que nous consommons et ce que nous produisons, ainsi qu’à leurs conséquences sanitaires et environnementales. La troisième est l’affirmation de l’inconnu, de l’incertitude et du risque, comme en écho à la crise sanitaire actuelle, ce qui incite à mieux identifier les carences de connaissances. Ceci invite également à revisiter les connexions entre processus locaux et globaux, en particulier pour affirmer l’impératif de la diversité tout en soulignant l’obligation de réponse aux défis globaux.

Réaffirmer le rôle de la science, des scientifiques et des approches scientifiques pour alimenter les transformations des systèmes alimentaires

Enfin, les participants ont tenu à réaffirmer le rôle de la science, des scientifiques et des approches scientifiques pour alimenter les transformations des systèmes alimentaires. La production de connaissances robustes et solides à propos de sujets que nous n’étions pas habitués à analyser, comme l’empreinte climatique des régimes alimentaires, suppose de nouvelles approches, méthodes, mesures, de nouveaux modèles. Elle invite également les scientifiques à s’impliquer dans des processus de médiation et dans des dispositifs d’innovation ou de prospective, pour alimenter le dialogue et l’intelligence collective, pour dépasser la polarisation des débats quand cette dernière conduit à l’impasse, pour identifier les leviers de changement, pour explorer les futurs plausibles.

Les participants ont ainsi identifié sept défis qui portent tant sur la production scientifique et ses objets que sur les interfaces science-politique. Ils seront mis en débat à l’occasion d’un événement organisé par MUSE et ses membres le 4 février prochain et visant à porter ces messages auprès des organisateurs du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires. Une déclaration est en cours de finalisation à cet effet.

Une conférence organisée en ligne depuis Montpellier, France.

Grâce à de nombreux soutiens financiers d’organismes publics nationaux et internationaux de recherche et des collectivités territoriales , cette conférence, organisée par Elsevier, l’I-Site MUSE/Université de Montpellier, Wageningen University and Research (Pays-Bas), visait à produire des biens publics. Un code de conduite original avait été élaboré à cet effet et l’ensemble des matériels produits sera mis en ligne au plus tôt et accessible à tous. Des frais d’inscription inclusifs et des bourses pour les participants des pays du Sud et pour les étudiants ont permis à de très nombreux jeunes du monde entier de participer.