Le 5 octobre 2021, le Gouvernement, représenté par la secrétaire d’Etat à la Biodiversité, Bérangère Abba, le Syndicat du Chocolat, le Cirad, des ONG et des distributeurs ont signé des engagements communs et décisifs pour un cacao durable, avec la participation du ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, Franck Riester.

Cabosses de cacaoyer en tas et gourdins d'écabossage, Equateur © E. Cros, Cirad

Cabosses de cacaoyer en tas et gourdins d’écabossage, Equateur © E. Cros, Cirad

Impulsée par le Syndicat du Chocolat, cette « Initiative Française pour un Cacao Durable » intervient un an après le lancement, par les Nations Unies, de la Décennie d’action pour atteindre les Objectifs de développement durable et l’appel à lancer des coalitions pour des filières durables. Elle réunit l’Etat, des entreprises de l’industrie, des négociants, des enseignes de distribution, des organisations de la société civile et le Cirad. D’autres organismes travaillant sur la filière cacao et chocolat en France sont appelés à rejoindre l’initiative.

Une initiative majeure, fruit d’un travail de longue date de toute la filière et d’une concertation multi-acteurs

Pour Martijn ten Hoopen, correspondant de la filière cacao au Cirad, « la coopération entre la recherche, les pouvoir publics, le secteur privé et les ONG est la clé pour réaliser les objectifs de durabilité de la filière cacao, et c’est le cœur de cette nouvelle initiative française. En tête des objectifs et première condition pour une filière durable, c’est bien sûr la garantie d’un revenu décent aux producteurs. »

Par la signature de cette Initiative, les signataires fondateurs souhaitent s’engager pleinement en faveur d’une cacaoculture prospère et durable, au bénéfice des producteurs et de l’ensemble de la filière, en cohérence avec les démarches engagées dans d’autres pays européens telles que Beyond Chocolate (Belgique), Gisco (Allemagne), Swissco (Suisse) et Disco (Pays-Bas).

Cette Initiative française s’inscrit également dans le cadre de la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI), adoptée le 14 novembre 2018, pour mettre fin en 2030 à l’importation de produits forestiers ou agricoles non durables contribuant à la déforestation.

Les signataires de cette Initiative s’engagent aussi à collaborer plus étroitement encore pour trouver des solutions durables, au-delà des actions individuelles et collectives déjà déployées. Ils invitent l’ensemble des acteurs et partenaires de la filière cacao française à rejoindre cette dynamique.

Une initiative fondée sur un triple engagement

Les signataires s’engagent conjointement à atteindre les objectifs suivants dans les régions productrices de cacao :

  • Améliorer le revenu des cacaoculteurs et de leurs familles, afin qu’ils puissent atteindre un revenu décent (au sens du « Living Income Community of Practice ») au plus tard d’ici à 2030, en collaboration avec les pays producteurs ;
  • Mettre fin, avec l’ensemble des parties prenantes, au plus tard d’ici 2025 aux approvisionnements de l’industrie française du cacao, et ceux de ses partenaires, issus de zones déforestées après le 1er janvier 2020, lutter contre la dégradation des forêts, et préserver les massifs forestiers et les zones à forte valeur environnementale demeurant ;
  • Prendre les mesures nécessaires, pour lutter et marquer des progrès contre le travail forcé et le travail des enfants, tel que défini par les Conventions de l’OIT, dans les régions productrices de cacao d’ici à 2025, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Objectif de développement durable (ODD) des Nations Unies 8.7 (Mettre fin au travail des enfants, au travail forcé, à l’esclavage moderne et à la traite des êtres humains), tout en contribuant à favoriser les droits des enfants et leur accès à l’éducation. Nous contribuerons également à l’émancipation des femmes au sein de la filière cacao.

La gouvernance de l’initiative 

Les travaux issus de cette Initiative seront pilotés collectivement par différents acteurs :

  • le Gouvernement (représentants du Ministère de la Transition écologique, Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, Agence française de Développement) ;
  • les industriels et les négociants réunis au sein du Syndicat du Chocolat ;
  • Les représentants d’un collectif d’ONGs (Association Max Havelaar France, WWF, Rainforest Alliance, Pur Projet, Nitidae, Mighty Earth, Commerce équitable France) ;
  • des représentants des enseignes de la distribution à dominante alimentaire (Intermarché, Système U, le Groupe Casino, le Groupe Carrefour, Lidl France) ;
  • des représentants des organismes de recherche (Cirad).

Les signataires travailleront à l’élaboration d’un texte de gouvernance et prévoient l’adoption d’un plan d’action d’ici le 1er mars 2022.

A propos du Syndicat du Chocolat

Le secteur du chocolat regroupe plus de 115 entreprises sur le territoire français, de la PME familiale à la multinationale, qui produisent et commercialisent du chocolat. Il s’agit d’entreprises de première et deuxième transformation, fabricants de produits finis, réseaux de boutiques de chocolat ayant plus de 10 magasins pour plus de 30 000 emplois directs.

Créé il y a plus d’un siècle et demi, le Syndicat du Chocolat représente plus de 85% du secteur. Ses missions : accompagner les entreprises pour agir collectivement sur les grands enjeux sociétaux et environnementaux de la filière – notamment en matière de qualité produits – garantir la durabilité du chocolat et le promouvoir dans toute sa diversité auprès des consommateurs.

A propos de la SNDI

La Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI) est une initiative lancée par le gouvernement français en 2018. Elle vise à mettre fin à l’importation de produits forestiers ou agricoles non durables contribuant à la déforestation d’ici 2030.