APPEL A CANDIDATURES « COHORTE » 2020

Fake news ou science défaillante ?

Implications pour les transitions vers le développement durable dans les domaines de l’agriculture et de l’alimentation, de l’environnement et de la santé

Ce premier appel à candidatures vise à constituer à Montpellier, sur une période de 6 mois (octobre 2020 – mars 2021), un groupe de chercheurs de renommée internationale, d’horizons et de champs disciplinaires divers, couvrant à la fois les sciences de la vie et de l’ingénieur, et les sciences humaines et sociales, pour appréhender ensemble, par le biais d’approches innovantes et créatives, la controverse sociétale :

Fake news ou science défaillante ?

Implications pour les transitions vers le développement durable dans les domaines de l’agriculture et de l’alimentation, de l’environnement et de la santé

Chaque membre de la cohorte ainsi constituée abordera cette controverse sous le prisme de sa propre discipline, tout en confrontant ses résultats à ceux des autres membres du groupe et en les enrichissant de manière interdisciplinaire.

Il s’agira d’analyser en commun en quoi cette controverse impacte les transitions agro-alimentaires, environnementales et sanitaires vers le développement durable et d’identifier des axes d’action prioritaires en matière de programmation de la recherche, d’enseignement, d’exercices de prospectives, de renforcement des capacités des communautés scientifiques et, de leur participation au débat public, de collaborations internationales etc., afin d’accélérer ces transitions.

MAK’IT offre aux chercheurs un cadre de travail privilégié pour développer leurs idées de manière décloisonnée, au sein d’une communauté scientifique reconnue mondialement sur les trois domaines d’action de l’Institut : agriculture & alimentation, environnement, santé. Les chercheurs accueillis au sein de MAK’IT sont activement encouragés et soutenus dans leurs efforts de créer de nouvelles connexions et de développer de nouvelles collaborations avec la communauté scientifique montpelliéraine.

Fake news ou science défaillante ?

Implications pour les transitions vers le développement durable dans les domaines de l’agriculture et de l’alimentation, de l’environnement et de la santé

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 propose une feuille de route globale sans précédent pour accompagner les transitions vers un monde décarboné, économe en ressources naturelles, socialement inclusif et économiquement équitable. La science est au coeur de cet agenda et de sa mise en oeuvre. Alors que nous faisons face à des risques environnementaux, sociaux et économiques inégalés , il semble plus nécessaire que jamais de construire une société globale de citoyens scientifiquement aptes à relever ces défis liés.

Cet objectif est cependant mis à mal par la prolifération de “fake news” sur le développement durable. Le phénomène n’est pas nouveau, mais avec les réseaux sociaux, ce type d’informations se dissémine à une vitesse et à une échelle beaucoup plus grandes qu’auparavant, dans des formats et avec des degrés de sophistication divers, à tel point que pour certains analystes, nous sommes entrés dans l’ère de la « post-vérité » où nos « sociétés de savoirs » se transforment progressivement en « sociétés de croyances ».

Le concept même de « fake news » est contesté et sa définition ne fait pas l’unanimité. Approximations, insinuations, demi-vérités, habile sélection de faits sortis de leur contexte, mais aussi mésinformation, désinformation, « junk news » ou canulars : le degré d’imposture et l’intentionnalité de leur(s) auteur(s) diffèrent. Ce phénomène questionne également d’autres concepts afférents : certitude – des faits – vs. incertitude – des données scientifiques -, impartialité vs. neutralité – des médias notamment -, ignorance vs. espoir – lorsque des personnes sont amenées à partager des récits qui correspondent à ce qu’elles veulent bien croire, comme un nouveau traitement médical miracle. Cependant, au-delà de la diversité des termes, un trait caractéristique des « fake news » est qu’elles se parent souvent de justifications scientifiques.

Les secteurs de l’agroalimentaire, de l’environnement et de la santé et leurs interactions, qui font l’objet du présent appel, en sont les principales cibles. Des enquêtes ont montré que les citoyens sont plus sensibles aux risques invisibles, perçus comme incontrôlables ou anxiogènes. « Charbon propre », discours antivaccinal, pro- et anti- OGM : le contenu et la qualité de l’information reçue au sujet des controverses sociotechniques jouent un rôle crucial sur la façon dont les gens s’engagent dans les transitions, à tous les niveaux.

Le sujet proposé remet également en question la légitimité et la robustesse des données scientifiques, et le rôle des scientifiques eux-mêmes, dans l’accélération du phénomène de « fake news ». D’une part, alors que les scientifiques sont de plus en plus mobilisés pour leur expertise aux interfaces science-politique, les cas de collusion entre intérêts scientifiques et intérêts industriels, journalistiques et politiques produisent parfois ce que certains appellent une «fausse durabilité» (« fake sustainablility » en anglais). La «science citoyenne» est de plus en plus considérée comme une source d’information alternative fiable. D’autre part, les scientifiques sont de plus en plus encouragés à participer directement, aux côtés des journalistes, des décideurs politiques, des législateurs et autres, à la lutte contre les « fake news » scientifiques, en les dénonçant et en s’impliquant davantage dans des activités de communication, de vulgarisation et de pédagogie. Les relations entre les scientifiques, les médias et autres groupes d’intérêt et le public sont repensées à la lumière de ces défis, d’une manière plus intersectorielle et interdisciplinaire. Toutes ces évolutions soulèvent de nombreuses questions, y compris éthiques.

L’expérimentation proposée dans le cadre de cet appel à candidatures « COHORTE » vise à mettre à l’essai ce type d’approche intersectorielle et interdisciplinaire, avec un focus thématique sur les questions de l’agriculture et de l’alimentation, de l’environnement et de la santé. Tout type de projet de recherche ayant la propension à contribuer à la controverse proposée dans les disciplines des sciences de la vie et de l’ingénieur et des sciences humaines et sociales – par exemple en lien avec les aspects historiques, sociologiques, psychologiques et juridiques des «fake news» et leur relation à la science, avec des sujets ciblés par les « fake news », ou avec les moyens technologiques/de télécommunications pour lutter contre ces dernières – est recevable.

Nationalité : chercheuses et chercheurs de toutes nationalités, n’ayant pas résidé en France plus de 12 mois dans les trois années précédant l’appel à candidatures

Résidence fiscale : le candidat doit disposer d’une résidence fiscale à l’étranger.

Niveau d’études : les candidats doivent être titulaires d’un doctorat ou équivalent et entrer dans l’une des deux catégories suivantes :

  • Candidats « séniors » : 10 années d’expérience dans la recherche après le doctorat au minimum (doctorat obtenu avant le 1er octobre 2010).
  • Candidats « juniors » : 2 années au minimum d’expérience dans la recherche après le doctorat (doctorat obtenu entre le 1er octobre 2010 et le 1er octobre 2018).

Statut professionnel : les candidats doivent disposer d’un contrat de travail dans une université ou un établissement de recherche étranger (hors établissement de recherche français à l’étranger), ou y être rattaché par le biais d’un éméritat, couvrant la période de leur résidence à MAK’IT. Une lettre de rattachement, signée par le/la responsable de l’institution d’origine, sera requise en cas de sélection à l’issue du processus d’évaluation.

Disciplines / domaine de recherche : toutes disciplines, des sciences du vivant et de l’ingénieur ou des SHS, en lien avec les trois grands domaines d’action de MAK’IT (agriculture & alimentation, environnement, santé) et projet de recherche susceptible de nourrir la controverse sélectionnée.

Partenariat scientifique : les candidats doivent avoir identifié un ou plusieurs partenariats possibles avec des structures de recherche montpelliéraines, susceptibles de déboucher pendant le séjour sur des coopérations scientifiques.

Langues : la maîtrise de l’anglais est requise, la compréhension du français préférable.

Ouverture d’esprit : l’accueil proposé demande des candidats qu’ils soient créatifs, ouverts au dialogue interdisciplinaire et à la prise de risques, et motivés par la découverte d’une approche méthodologique originale via l’appréhension des controverses et les échanges avec d’autres acteurs issus du monde politico-socio-économique.

Une convention d’accueil est signée entre l’Université de Montpellier, de laquelle dépend administrativement MAK’IT, la structure de recherche accueillante, et le chercheur invité pour formaliser les modalités suivantes.

MOYENS DE RECHERCHE

Les chercheurs invités à MAK’IT sont détachés de leurs obligations habituelles dans leur institution d’origine et ont la disponibilité nécessaire pour se consacrer librement à leur projet de recherche et participer aux activités de groupe de l’Institut.

Pendant leur séjour à Montpellier, ils disposent chacun d’un bureau équipé d’un ordinateur, d’un accès internet et de moyens d’impression au sein d’un open space dans les locaux de MAK’IT, situés à l’Institut de botanique, dans le coeur historique de Montpellier. MAK’IT met également à la disposition des chercheurs résidents plusieurs salles de réunion, un amphithéâtre de 250 places pour l’organisation de conférences, leur garantit un accès privilégié et un droit au prêt étendu dans les principales bibliothèques universitaire montpelliéraines, ainsi que la possibilité de déjeuner au restaurant administratif dont dépend l’Institut, moyennant une participation aux frais.

L’intégration des chercheurs invités au sein de la communauté scientifique de Montpellier est facilitée par leur rattachement à l’une des structures de recherche du site, en lien avec leurs thématiques de recherche respectives et la désignation pour chacun d’un correspondant scientifique en son sein. Les structures de recherche concernées mettent à disposition de chaque chercheur, un espace de travail qu’il/elle peut utiliser à sa guise durant son séjour à Montpellier.

Pour faciliter leur travail de groupe interdisciplinaire, les chercheurs sont accompagnés d’un(e) ingénieur(e) de recherche recruté(e) spécifiquement pour travailler sur la controverse sélectionnée. Il/elle a notamment pour mission de constituer une revue de littérature et d’enrichir une bibliothèque virtuelle en lien avec la controverse, ainsi que de mettre en place un réseau scientifique de personnes relais à Montpellier et d’experts internationaux du sujet susceptibles de partager leurs connaissances et d’interagir avec les chercheurs de l’Institut. Il/elle sera en charge d’accompagner la démarche scientifique interdisciplinaire du groupe et s’impliquera, en accord avec le groupe, dans la valorisation collective des travaux. Un temps d’intégration est prévu à l’arrivée des chercheurs invités comprenant visites des campus et centres de recherche montpelliérains, ainsi qu’un séminaire de groupe d’une semaine visant à expliciter la démarche interdisciplinaire et collaborative attendue au sein des cohortes.

LOGEMENT

MAK’IT travaille avec une agence de location saisonnière d’appartements à Montpellier pour proposer aux chercheurs invités une gamme d’appartements de qualité, sélectionnés par ses soins, entièrement équipés et à proximité ou facilement accessibles depuis l’Institut.

MAK’IT prend intégralement et directement en charge les frais d’hébergement de ses résidents. Les demandes d’accueil en famille doivent obligatoirement être indiquées dans le dossier de candidature pour être considérées.

INDEMNITÉ FORFAITAIRE DE SÉJOUR

Les chercheurs invités à MAK’IT restent rattachés à leur institution d’origine durant leur séjour : ils ne disposent pas d’un contrat de travail avec l’Institut et il leur revient de demander à leur établissement de maintenir tout ou partie de leur salaire. MAK’IT verse aux chercheurs invités une indemnité, destinée à couvrir leurs frais de séjour à Montpellier, d’un montant forfaitaire non négociable, établie comme suit :

  • Chercheurs « seniors » : 3 000 € mensuels
  • Chercheurs « juniors » : 2 000 € mensuels

Ce montant est calculé pour permettre aux chercheurs de couvrir largement leurs frais de vie à Montpellier et de financer leur activité scientifique (déplacements, frais d’inscriptions à des évènements scientifiques, achats de livres ou de logiciels, etc.).

VOYAGE ET VISA

MAK’IT prend en charge le voyage aller-retour des résidents entre Montpellier et leur lieu de résidence habituel, en classe économique. Sont également pris en charge les frais éventuels d’immigration (visa).

ASSURANCES ET COUVERTURE SOCIALE

MAK’IT ne couvre pas les frais d’assurance et de couverture sociale, qui doivent être pris en charge par les résidents eux-mêmes ou leur employeur. L’équipe MAK’IT se tient à la disposition du chercheur invité pour l’assister dans ses démarches auprès d’assurances santé internationales, dans le cas où la couverture dont il dispose via son institution d’origine ne serait pas valable en France.

Le résident devra fournir la preuve d’une couverture sociale adéquate, garantissant les risques maladie, accidents du travail et responsabilité civile, avant son arrivée à Montpellier.

SERVICES ADMINISTRATIFS

L’équipe MAK’IT est à la disposition des résidents pour les aider dans leurs démarches administratives liées à leur installation à Montpellier et à l’organisation de leurs évènements scientifiques. ,Le cas échéant, leur famille bénéficie également d’un accompagnement spécifique : scolarisation des enfants, aide à l’intégration académique des conjoints, cours de Français Langue Étrangère…

Un séjour à MAK’IT a pour but de permettre aux chercheurs invités de mener à bien leur recherche via une approche innovante et enrichissante, en organisant librement leurs activités et horaires de travail et en bénéficiant des services et de l’assistance nécessaires dans leurs démarches pratiques et administratives quotidiennes. Il implique également l’acceptation de certaines conditions.

OBLIGATION DE PRÉSENCE

Chaque chercheur invité est soumis à une obligation de présence à Montpellier pendant au moins 90% de la durée de son séjour (hors périodes de fermeture de l’Institut). Cette obligation de résidence, indispensable à la mise en place d’une véritable dynamique de groupe au sein de la cohorte, est compatible avec des absences occasionnelles, qui doivent être signalées à l’avance. Les absences de moins d’une semaine font l’objet d’une simple notification à l’équipe MAK’IT. Une absence plus longue fera l’objet d’un accord de la direction.

CONTRIBUTIONS AUX ACTIVITÉS DE LA COHORTE SUR LA CONTROVERSE SELECTIONNÉE 

Le résident s’engage à contribuer pleinement aux activités, rencontres et réflexions interdisciplinaires organisées par MAK’IT pendant son séjour comprenant entre autres  un séminaire de travail interdisciplinaire hebdomadaire avec le reste de la cohorte sur le traitement de la controverse sélectionnée. Il s’engage à y partager l’avancée de ses recherches, à participer activement à la production collective qui débouchera de ce travail et à préparer un court rapport d’activités à l’issue de son séjour.

ORGANISATION D’UN ÉVÈNEMENT SCIENTIFIQUE INTERNATIONAL PUBLIC A MONTPELLIER

Le chercheur invité s’engage à organiser, durant son séjour à Montpellier, au moins un évènement scientifique d’envergure internationale, ouvert au public, sur un thème lié à son projet de recherche et à la controverse traitée par la cohorte, en collaboration avec son unité de recherche ou laboratoire de rattachement et la communauté scientifique montpelliéraine plus largement.

COMMUNICATION ET DIFFUSION DES RÉSULTATS

Le chercheur résident garde la propriété intellectuelle des résultats de ses recherches effectuées au cours de son accueil à MAK’IT.

Il s’engage à contribuer aux publications et autres outils de communication de MAK’IT concernant les activités de la cohorte.

Il tient MAK’IT informé de sa participation à des colloques, séminaires ou manifestations scientifiques extérieures et fait connaître ses publications, l’obtention de prix et distinctions…

Il autorise MAK’IT à publier son portrait et, le cas échéant, un recueil de ses recherches pour les archives de l’Institut. Dans l’hypothèse de leur diffusion plus large, il s’engage à mentionner le soutien dont il a bénéficié de la part de MAK’IT et à y apposer le logo de l’Institut.

MAK’IT attache une grande importance à la qualité et à l’impartialité de son processus de sélection. Chaque candidature est revue par le Conseil scientifique de MAK’IT composé d’experts internationaux indépendants. Ce dernier établit une pré-sélection des candidats, ainsi qu’une liste complémentaire (avec classement) qu’il transmet au Conseil de gestion de MAK’IT (Board de l’initiative MUSE) pour décision finale.

Au terme de ces deux phases successives, les candidats sont informés du résultat de la sélection. Les candidats retenus  reçoivent une lettre d’invitation de la part du Directeur de l’Institut, détaillant les conditions de séjour proposées.

Critères d’évaluation

  • le parcours scientifique et la reconnaissance internationale du candidat
  • la pertinence de son domaine de recherche vis-à-vis de la controverse proposée et des ODD, et son potentiel de contribution à une dynamique interdisciplinaire et intersectorielle
  • l’aptitude démontrée à créer des liens et à mener des collaborations au sein de communautés scientifiques plurielles et avec la communauté scientifique montpelliéraine en particulier
  • l’adéquation du profil avec la vision et les valeurs de MAK’IT : excellence, innovation, interdisciplinarité, pensée hors-cadre, travail de groupe et ouverture au monde socio-économique

Les évaluateurs prendront soin de constituer un groupe le plus représentatif et adéquat possible au regard de l’équilibre hommes-femmes, des âges, origines géographiques, disciplines scientifiques et domaines d’expertise des candidats.

Vous pouvez déposer votre dossier de candidature via le formulaire en ligne suivant :

Candidater