Les challenges masters de la KIM Sea & Coast vise à former des jeunes scientifiques à des actions de recherche sur des enjeux définis en collaboration étroite entre un acteur socio-économique régional de la croissance bleue (collectivités territoriales, associations, entreprises, etc.) et une structure de recherche de MUSE.

Les étudiants de Master 2 relèvent, au sein des laboratoires scientifiques de MUSE, des défis proposés par les acteurs socio-économiques de la croissance bleue. 7 défis par an , avec un soutien financier pour les gratifications des étudiants et le fonctionnement du projet. Les résultats de ces challenges seront présentés lors d’une journée d’animation dédiée, potentiellement sur le futur Campus de la Mer à Sète. Ces challenges permettront de renforcer les échanges entre acteurs socio-économiques, étudiants et chercheurs.

Les entreprises ou acteurs institutionnels de la société civile souhaitant développer des projets de recherche dans le cadre des Challenges Master sont invités à contacter rapidement la KIM pour être orientés vers les chercheurs de MUSE susceptibles de collaborer avec eux. La date limite de dépôt des dossiers de candidature au Challenges Masters 2018 était fixée au 14 septembre 2018.

Les 3 projets retenus dans le cadre de l’appel à projets « Challenges masters 2018 » sont :

  • Occurrence, Sources et transfert de Contaminants dans un écosystème portuaire : cas du port de plaisance de Port-Camargue
    Chrystelle Bancon-Montigny (Laboratoire HydroSciences)
    avec la Capitainerie Port Camargue
  • Acclimation of cultivated Arthrospira to marine environment
    Christophe Leboulanger IRD – MARBEC
    avec la Fédération des Spiruliniers de France et la Ferme Aquacole SPIRU-VIE
  • Analyses des capacités euryhalines de l’épinoche en petite Camargue
    Jehan-Hervé Lignot (MARBEC)
    avec le Syndicat mixte Camargue Gardoise – Centre du SCAMANDRE

Les projets devaient s’articuler autour de questions liées à la mer et au littoral qui sont des éléments à fort enjeux sur notre territoire. L’objectif est de former des étudiants de master 2 à des actions de recherche en lien avec ces thématiques et de tisser un partenariat étroit entre un acteur socio-économique régional de la croissance bleue (collectivités territoriales, associations, entreprises, etc.) et une structure de recherche rattachée à MUSE.

Deux projets lauréats ont pour périmètre géographique commun la petite Camargue. Le premier projet retenu s’intéresse au port de plaisance Port Camargue qui constitue la première marina européenne et dont le périmètre fait émerger différentes problématiques socio-économiques et écologiques. Ce projet a pour objectif de réaliser un état des lieux du port de plaisance en évaluant la qualité chimique et microbiologique de ses eaux en fonction du calendrier saisonnier et de déterminer l’impact de son exploitation (activités nautiques, ruissellement, relargage depuis les sédiments…) sur le milieu. Ces travaux devraient permettre aux décideurs de mieux appréhender le fonctionnement de ce milieu portuaire et d’enrichir la réflexion afin de limiter l’impact des apports en polluants. Ce projet sera réalisé à travers une collaboration entre la capitainerie de Port Camargue (qui apportera un appui logistique), le laboratoire HydroSciences Montpellier (HSM) ainsi que l’université de Nîmes (Equipe d’Accueil CHROME).

Toujours dans le but de protéger les espaces naturels sensibles des pollutions anthropiques, le second projet vise à utiliser un poisson, l’épinoche à trois épines Gasterosteus aculeatus, comme espèce sentinelle présente dans les milieux où interfèrent eau douce/eau salée (étangs, mer, canaux…) à l’image de la Petite Camargue. L’objectif de ce projet consiste à mesurer l’impact des pesticides utilisés en riziculture via l’étude de ce poisson et d’établir un suivi biologique à une plus grande échelle de l’ensemble de la zone du delta du Rhône. Le projet repose sur un partenariat composé de l’UMR MARBEC, le syndicat mixte de la Camargue Gardoise, acteur majeur investi dans la conservation et la protection de cette interface fragile et le laboratoire CARSO.

Le troisième projet retenu porte sur la production de la spiruline, nom commun de la cyanobactérie Arthrospira platensis plus communément appelée algue bleue, cultivée et consommée dans de très nombreux pays. Le projet pose la problématique de l’adaptation de cette cyanobactérie à l’eau marine. Ce complément alimentaire représente en France une production annuelle de 40 tonnes par an et un chiffre d’affaires de 5,25M€ en 2017. Aujourd’hui la production de l’algue en eau douce est confrontée à différentes problématiques telles que la disponibilité en terres et les ressources en eau douce. Il est ainsi envisagé une production en eau marine. Le projet a pour objectif d’étudier l’acclimatation de l’algue Arthrospira en environnement marin afin d’en évaluer les performances et de développer un mode de production plus durable. Ce projet s’intégrera à moyen terme dans une étude plus élargie intégrant les producteurs français de spiruline et interviendra dans le cadre du programme FEAMP de l’Union européenne dans l’optique de promouvoir une production davantage pérenne et moins impactante de la spiruline. Le projet se déroulera en partenariat entre l’UMR MARBEC et la Fédération des spriruliniers de France, en particulier la Ferme Aquacole SPIRU-VIE basée à Aumelas, en s’appuyant sur une plateforme financée par le CPER CELIMER à Sète.