BIO

Margreet Zwarteveen est une ingénieure en irrigation et une spécialiste des sciences sociales formée à Wageningen. Elle a travaillé pour l’Institut international de gestion de l’eau (IWMI) et l’Université de Wageningen avant de rejoindre l’IHE Delft en 2014 pour y devenir professeure en gouvernance de l’eau. Elle est affiliée à l’Université d’Amsterdam.

Le Dr Zwarteveen étudie les politiques et les pratiques en matière d’eau, en se concentrant sur les questions d’équité (de genre) et de justice. Ses recherches comprennent l’étude de différentes institutions, organisations et technologies pour la distribution de l’eau et la régulation des flux d’eau. Elle privilégie une approche interdisciplinaire, considérant la distribution de l’eau comme le résultat d’interactions entre l’écologie, les technologies et la société. Les relations de pouvoir et les questions politiques sont au cœur de son travail. Elle a par exemple étudié comment l’introduction de technologies supposées économes en eau (irrigation au goutte-à-goutte) s’est accompagnée et a provoqué des changements de propriété de l’eau qui favorisent certaines personnes plus que d’autres.

Le Dr Zwarteveen s’intéresse également aux questions qui se posent à l’interface entre la science et la politique en matière de gestion de l’eau. Elle est actuellement la coordinatrice du projet « Transformations to Groundwater Sustainability ». Elle est également un membre enthousiaste de deux réseaux de formation internationaux financés par l’UE : WEGO et NEWAVE.

PROJET

Se sentir concerné par les pratiques de gestion de l’eau et pratiquer une gestion concernée de l’eau : mobiliser les réflexions issues des études en science et technologie et des études décoloniales pour dynamiser les collaborations transdisciplinaires accompagnant les transformations vers la durabilité 

Ce projet FIAS part du constat que les pressions croissantes sur l’environnement – et les pollutions, pénuries et épuisements qui en résultent – ne sont pas des processus naturels mais le résultat d’histoires et de pratiques spécifiques d’exploitation ou de « développement ». La recherche d’un avenir plus durable implique donc une remise en question critique de ces pratiques, ainsi que de la science et des technologies qui les rendent possibles.

En me concentrant sur les problèmes liés à l’eau, je propose d’expérimenter de nouvelles approches transdisciplinaires qui chevauchent de nombreux binaires – entre nature et culture, modernité et tradition, raison et émotion, etc. – afin d’explorer leur potentiel pour susciter de nouvelles conversations et de nouveaux imaginaires. La réalisation d’un avenir plus durable nécessite également l’identification de nouveaux terrains de rencontre entre les « penseurs » (souvent des spécialistes des sciences sociales critiques) qui examinent le passé et passent en revue les preuves, et les « faiseurs » qui regardent vers l’avenir pour construire, fabriquer ou mettre en œuvre (souvent des planificateurs et des ingénieurs).

Dans mon projet, j’ai l’intention d’aider à créer ces terrains de rencontre par le biais de projets de collaboration basés sur l’insistance que l’apprentissage – et la génération de connaissances – est toujours situé dans des pratiques spécifiques. En déplaçant la discussion de « ce qui est vrai » à « ce qui fonctionne », j’ose espérer que la conversation deviendra plus pragmatique et modeste, ainsi que plus explicitement politique.